Démêler le vrai du faux #1 Ventilation, température et météo

Sur les forums ou entre voisins les avis divergent. Comment s’y retrouver ?

Un des débats les plus fréquents concerne la question de la ventilation lorsque l’air ambiant est humide : alors faut-il ventiler ou pas lorsqu’il pleut ?  

Dans cet article, FarmViz démêle pour vous le vrai du faux et répond à vos questions existentielles  😉

To ventilate or not to ventilate that is the question

Y a-t-il un risque de réhumidification du grain si on ventile lorsque l’air ambiant est humide ?

La réponse est non. Vous pouvez donc ventiler lorsqu’il pleut ou quand il y a du brouillard !

En effet, l’hygrométrie du grain et de l’air s’équilibrent naturellement. Or comme la masse du tas de grain est supérieure à la masse de l’air prisonnier de celui-ci, c’est vers l’hygrométrie du grain que cet équilibre tend. Autrement dit, l’hygrométrie du grain ne se fait pas influencer par celle de l’air, c’est l’inverse !

De plus, l’air ambiant injecté lors de la ventilation ne peut pas provoquer de condensation sur le grain dès lors qu’il est plus froid que celui-ci (de 5 à 8°C).

Attention cependant à bien respecter un écart raisonnable de température entre le grain et l’air de ventilation car si la différence de température entre les deux est trop importante (> 10°C), cela peut provoquer la formation de condensation au-dessus du tas de grain. Cette remarque est vraie quelle que soit l’humidité de l’air ambiant.

Bon d’accord il n’y a pas de risques MAIS les performances sont-elles identiques par temps humide que par temps sec ?

La réponse est non.

Par temps sec (humidité de l’air < 80%) l’efficacité de la ventilation est meilleure que par temps humide (humidité de l’air > 80%). Cela s’explique par des pertes en eau plus importantes par temps sec or comme le refroidissement dépend de ces dernières, l’abaissement de la température est plus rapide par temps sec que par temps humide.

Idées reçues

Ventiler un peu permet de refroidir un peu le tas de grain.

C’est faux.

La masse de grain est un mauvais conducteur de température. Par conséquent, le refroidissement ne se fait pas de manière homogène dans tout le tas de grain. Ainsi, contrairement à ce à quoi on pourrait penser, ventiler n’abaisse pas la température globale petit à petit.

L’abaissement de la température se fait par « couche ». En soufflerie par exemple, les grains qui sont refroidis en premier sont les grains se trouvant à la base. Puis, les grains qui sont directement en contact avec eux, autrement dit, la couche de grain suivante. Et ainsi de suite jusqu’à atteindre le sommet du tas de grain. Or avant que la température de la base et du sommet du tas soient identiques il faut ventiler plusieurs heures. Avant d’obtenir ce résultat, le tas de grain est caractérisé par les trois zones de température suivantes décrites de bas en haut : les grains refroidis, les grains en cours de refroidissement (appelée zone de transition), les grains chauds qu’ils restent à refroidir. Ainsi, lorsque l’on ventile seulement un peu, c’est la zone de transition qui monte un petit peu et non pas la totalité du tas de grain qui se refroidit.

Lorsqu’il fait chaud, si la ventilation est arrêtée en journée il y a un risque de réchauffement du tas de grain.

C’est faux.

Car comme expliqué ci-dessus le grain est mauvais conducteur de chaleur. Par conséquent, la chaleur ambiante ne pourra réchauffer que la couche superficielle du tas de grain. En effet, lorsque la ventilation est arrêtée avant son terme (refroidissement total du tas de grain), la zone de transition séparant les grains chauds des grains déjà refroidis arrête sa progression. La chaleur extérieure au tas ne permet pas d’impacter le travail de refroidissement déjà effectué. Lors d’un arrêt momentané de la ventilation, les températures des trois zones décrites ci-dessus stagnent. C’est pourquoi il est possible d’éteindre les ventilateurs la journée et de les rallumer la nuit.

MAIS… cela ne signifie pas que le tas de grain n’est pas capable de se réchauffer !

En effet, bien que la température ambiante ne puisse pas entraîner le réchauffement du tas, le grain lui-même en respirant peut entraîner une élévation de la température du tas. Pourquoi ? Parce que lorsque le grain respire il dégage de la chaleur. On parle alors d’auto-échauffement. Or la chaleur issue de cette respiration échauffe le grain et plus le grain à chaud plus il respire. L’activité respiratoire du grain est multipliée par 2 à chaque fois que sa température augmente de 5°C et elle est d’autant plus importante que le grain est humide. L’activité respiratoire du grain entraîne sa dégradation : perte d’amidon, oxydation, réduction du PMG, brunissement, dégradation des protéines, etc.

Toutefois, ce phénomène est négligeable pour du grain dont la température est inférieure à 20°C. C’est pourquoi il est important de ventiler rapidement les grains venant d’être récoltés dont la température avoisine les 30°C.

L’automatisation de la ventilation permet d’empêcher l’auto-échauffement des grains et le suivi automatique 24h/24 7j/7 de la thermométrie permet de surveiller continuellement le grain pendant son refroidissement afin de contrôler et d’éviter tout risque de détérioration.

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