Bonnes pratiques #5 : récolte et stockage du colza

Le top départ des moissons de colza a été donné dans le Sud-Ouest ! Que ce soit pour les moissons ou bien le stockage des graines êtes-vous prêt ?

Quand récolter ?

Le colza est prêt à être récolté lorsque ses siliques sont mûres et sèches, c’est-à-dire lorsque les enveloppes ont viré au brun et dont l’humidité avoisine les 10 %. De même, les tiges doivent être sèches (humidité inférieure à 20 %). En effet, moissonner alors que les siliques ne sont pas arrivées totalement à maturité ou sur tiges vertes conduit à des pertes de rendements non négligeables pouvant représenter plusieurs quintaux. Par ailleurs, il est recommandé de récolter le colza lorsque l’humidité des graines est à 9 %, ce taux d’humidité facilitera grandement la conservation du colza par la suite.

©Terres Inovia

Comment récolter ?

Jean-Louis LUCAS, expert chez Terres Inovia recommande de couper le colza le plus haut possible soit au minimum à 50 % de la hauteur de la plante afin de limiter la masse végétale qui doit passer dans le compartiment de battage. Pour limiter les pertes et les impuretés il recommande également de réduire au maximum la vitesse du batteur et de réduire la vitesse de rotation des rabatteurs ainsi que la ventilation.

Vous souhaitez savoir plus précisément comment régler la moissonneuse batteuse et l’équipement de coupe avancée ? Nous vous conseillons de consulter les articles de Terres Inovia- Institut technique agricole spécialisé dans les oléo-protéagineux disponibles ici.

Comment stocker son colza ?

Avant la mise en cellule, les graines doivent être passées au nettoyeur-séparateur afin d’éliminer les impuretés qui pourraient bloquer le passage de l’air lors de la ventilation. Puis ventiler dès la mise en cellule sans attendre que celle-ci soit pleine. 

Astuce 1 : Pour le stockage du colza privilégiez vos cellules les moins hautes (maximum une dizaine de mètre) ou ne remplissez pas jusqu’en haut. En effet, la petite taille des graines de colza nécessite de fortes pression et puissance de ventilation or plus le volume à ventiler est grand plus l’air aura des difficultés à traverser le tas et donc à le refroidir.

Astuce 2 : Afin d’augmenter l’efficacité de la ventilation du colza, il est également recommandé de ventiler simultanément plusieurs cellules de colza avec un même ventilateur.

Astuce 3 : Lors du remplissage des cellules il se forme un dôme sur le dessus du tas. A cet endroit le grain est plus tassé, l’air y circule donc moins bien. Par conséquent, après une dose de ventilation la température y est toujours plus élevée de quelques degrés (+3 à 5°C). Ainsi nous vous conseillons de placer au bout de la gaine d’alimentation un éclateur de flux permettant de disperser les grains.

Astuce 4 : Pour vous assurer que l’air traverse bien le tas vous pouvez placer à la surface du grain une feuille de papier, si elle bouge alors l’air circule bien.

Comment ventiler ?

Le refroidissement des graines de colza se fait en plusieurs périodes de ventilation.

La première période a pour objectif d’abaisser la température du tas pour atteindre les 20°C. Cet objectif de température doit être atteint le plus vite possible et débute dès la mise en cellule. Les périodes suivantes de ventilation permettent elles de rabaisser la température du tas sous la barre des 10°C, dans l’idéal à 5 °C. Le but étant cette fois-ci d’atteindre l’objectif de température pour en novembre/décembre. Parfois une dose de ventilation plus tardive peut être nécessaire si l’hiver est doux et n’offre pas suffisamment d’opportunité de ventilation. 

En effet, comme il ne faut ventiler que lorsque l’écart entre la température du tas de graines et de l’air ambiant est de l’ordre de 10°C, la douceur des automnes et des hivers comme nous avons connu en 2019 peut corser les choses. D’ailleurs, c’est une des raisons pour laquelle les agriculteurs ont eu des difficultés pour atteindre leur dernier palier de température l’an dernier. Si vous ne respectez pas cet écart de température, non seulement vous ne bénéficierez pas d’une ventilation efficace et vous risquez d’être contre productif (si l’écart de température est trop faible), mais vous vous exposez également à un risque de réhumidification des grains et de développement de moisissures avec l’apparition de condensation (si l’écart de température est trop grand).

Combien de temps ventiler ?

Il faut ventiler les graines de colza par « doses » de ventilation. Ventilez dès que l‘occasion se présente, c’est-à-dire dès que l’écart entre la température du tas et de l’air ambiant est de l’ordre de 10°C. Atteindre ses objectifs de température peut être plus ou moins rapide, il dépend de vos installations (bâtiment plus ou moins ouvert et aéré naturellement par exemple), de la puissance de votre moteur, de votre capacité ou non à ventiler plusieurs cellules simultanément avec un même ventilateur, de l’offre climatique et de votre niveau d’informations concernant les créneaux de ventilation disponible.

Pour savoir quand ventiler, ne plus rater un seul créneau de ventilation et atteindre plus rapidement vos paliers de température souscrivez rapidement et simplement au service pack SÉRÉNITÉ.

Bon à savoir : la durée de ventilation du colza est supérieure d’environ  25 à 40 % par rapport à celle du blé (source : Terres Inovia).

Pourquoi ventiler ?

La ventilation permet de sécher et refroidir les grains afin de maintenir leur qualité sanitaire et technologique. En effet, en absence de ventilation les grains chauds respirent, ce qui entraîne leur dégradation par rupture de conservation ou bien par acidification. Sylvie DAUGUET, experte chez Terres Inovia recommande de stabiliser l’humidité des graines de colza entre 8 et 9 % d’humidité et d’abaisser leur température au dessous du seuil de 10°C si vous envisager de conserver vos graines plusieurs mois. Dans le cas particulier de lots avec graines germées elle recommande de descendre rapidement l’humidité des graines pour la maintenir entre 7 et 8 %. Selon Sylvie DAUGUET : “Ceci permet de réduire fortement le métabolisme de la graine et tout développement de microorganismes qui peuvent très rapidement accélérer la formation d’acidité dans l’huile.” 

Ainsi, ventiler vous permettra d’honorer vos contrats et donc de sécuriser vos revenus en limitant les phénomènes qui conduisent à la dépréciation de la qualité afin que vous puissiez valoriser au mieux votre production et la vendre au meilleur prix. 

Cependant, la ventilation n’exclut pas le contrôle. En effet, il est recommandé de relever régulièrement la température du tas afin de détecter toutes anomalies. Pour cela et pour vous faciliter la vie, FarmViz vous propose trois offres de sa gamme vous permettant de contrôler la température. Le pack NOMADE vous permet de suivre manuellement à l’aide de votre sonde de thermométrie l’évolution de la température de vos graines. Le pack THERMOMÉTRIE permet de relever automatiquement 24h/24 7j/7 la température de vos graines et assure la traçabilité des conditions de stockage. Le pack VENTILATION quand à lui est similaire au pack précédent mais vous permet également d’automatiser votre ventilation et de la piloter à distance.

Quels sont les insectes dont il faut se méfier pendant le stockage ?

Ce qu’il faut savoir c’est que les insectes ne s’attaquent pas aux graines de colza.

Difficile à croire lorsque l’on sait à quel point la pression insecte est forte durant le cycle de culture du colza, mais c’est vrai ! Le stockage est malheureusement le seul moment lorsque vous cultivez du colza pour lequel vous n’entendrez pas parler d’insectes.

Cependant, les graines ne sont pas exemptes de visiteurs ! En effet, des acariens (Tyrophagus putrescentiae) peuvent pulluler à la surface du tas si les conditions de stockage leur sont propice, c’est-à-dire lorsque l’humidité relative de l’air excède 70% et que la température des graines est supérieure à 8°C. Ces acariens se nourrissent des moisissures qui se développent sur les graines, ils ne ravagent donc pas le stock comme peuvent le faire les charançons dans le blé.

Comment lutter contre les acariens et les insectes ?

Pour éviter la présence des acariens il suffit de ventiler afin de diminuer la température et l’humidité des grains propices au développement des moisissures et donc des acariens. Si l’infestation a eu lieue, le moyen de venir à bout des acariens consiste à supprimer les moisissures dont ils s’alimentent exclusivement. Pour cela il suffit de sécher le grain et de le repasser au nettoyeur-séparateur.

Par ailleurs, bien que le colza ne soit pas sujet aux problématiques d’insectes au stockage, il n’en sera pas forcément exempt. En effet, des insectes vivants peuvent s’y promener s’il y a une cellule de céréales infestée à proximité. Or comme les lots contenant des insectes vivants peuvent être refusés à la commercialisation, il faut être vigilant concernant leur présence et les éliminer si nécessaire.

La difficulté c’est que pour les graines oléagineuses les limites maximales de résidus autorisées sont très faibles et les insecticides de contact sont proscrits. Le seul moyen de lutte autorisé est la fumigation au phosphure d’hydrogène. Toutefois cette intervention est soumise à réglementation et doit faire l’objet d’une autorisation. Si elle est permise elle doit s’effectuer dans des cellules étanches par des personnes habilités.

Quelques chiffres pour terminer…

A l’image de la campagne précédente, les surfaces en colza continuent de chuter. En effet, selon l’Agreste, le service statistique du ministère de l’agriculture, la sole de colza affiche au 1er juin 2020 un nouveau recul de 1,4 % cette année par rapport à 2019. Cela représente en moyenne une diminution de 24 % des surfaces en colza par rapport au 5 dernières années. Cependant la diminution des surfaces ne concerne pas toutes les régions, c’est un phénomène localisé.

Si vous souhaitez connaître l’évolution des surfaces de colza pour votre département consultez la carte interactive mise à disposition par Terre-Net Media.

Selon Agreste toujours, en date du 1er juin 2020, le rendement à l’hectare devrait être légèrement supérieur à celui de l’année dernière puisque les prévisions le chiffrent à 31,7 q/ha.

 

Et vous, comment sentez-vous vos récoltes de colza cette année ? Vous êtes plutôt optimiste ou pessimiste ? Partagez avec nous vos impressions pour la prochaine récolte en commentaire !

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