Bonnes pratiques #3 : traitement insecticide

En amont de la récolte et de la mise en stockage des grains, il peut être nécessaire d’appliquer un insecticide.

Vous ne savez pas si vous êtes concerné ? Vous ne savez pas comment ni avec quoi traiter ?  Lisez cet article.

Afin d’éviter tout contact entre les grains et l’insecticide un délai de minimum 2 semaines est nécessaire entre l’application du traitement et la mise en stockage. Si ce délai n’est pas respecté, vous risquez de sortir du cadre réglementaire en dépassant les limites maximales de résidus (LMR) autorisées (voir tableau). Il est recommandé de traiter au plus tôt en amont de la récolte, au plus tard 1 mois avant, afin de bénéficier de meilleures performances de l’insecticide. En effet, cela laisse le temps au traitement d’agir, ainsi il reste actif suffisamment longtemps pour éliminer les individus au fur et à mesure de leur émergence. Pour garantir une efficacité optimale de l’insecticide, celui-ci doit être appliqué APRES le nettoyage des locaux et du matériel.

Limite maximale de résidus (LMR) des produits phytosanitaires en mg/kg (Réglementation européenne harmonisée) ©Terres Inovia

Bon à savoir : La durée de renouvellement d’une génération de charançons est comprise entre 24 à 26 jours. Or cet insecte se développe à l’intérieur des grains. Les grains résiduels qui n’ont pas pu être retirés lors du nettoyage leur servent donc d’abri et les protègent de l’insecticide. Il faut donc attendre que les adultes émergent des grains pour que l’insecticide les tuent. D’où l’intérêt d’avoir un traitement actif pendant 3 à 4 semaines avant réception des grains.

Cependant, il n’est pas forcément nécessaire de traiter. Pourquoi ? Car comme évoqué dans l’article Bonnes pratiques #2 : nettoyage, un nettoyage approfondi a pour but d’éliminer les foyers potentiels d’infestation en retirant le gîte et le couvert aux insectes ravageurs présents. Cette action a donc pour but de les éliminer. Par conséquent, si vous avez procédé à un nettoyage consciencieux de vos locaux et de votre matériel, vous ne devriez pas avoir besoin d’effectuer un traitement insecticide préventif du site. Ainsi, il n’est nécessaire de traiter que si vos installations ne vous permettent pas de nettoyer correctement (recoins inaccessibles, vieille bâtisse, etc.) ou bien si vous avez connu des infestations lors de la campagne de stockage précédente.

Que faut-il traiter ?

Si vous décidez de traiter, vous n’êtes pas obligé d’appliquer l’insecticide absolument partout. Traiter en priorité les zones qui n’ont pas pu être soumises à un nettoyage efficace, qui seront en contact direct avec le grain ou qui sont sources potentielles d’infestation (ex : gaines).

Avec quoi traiter ?

Comme vous le savez, la liste des traitements autorisés se réduit. En décembre 2017, l’interprofession céréalière a annoncé à travers son plan de transformation pour la filière vouloir « réduire de moitié la part des céréales pouvant contenir des résidus d’insecticides chimiques » d’ici 2022. D’après le plan de surveillance de la DGCCRF, les résidus retrouvés dans les céréales sont majoritairement des insecticides de stockage, ces derniers vont donc être regardés de près comme l’affirme Intercéréales.

Pour en savoir plus : Plan de transformation de la filière céréales et produits céréaliers

Parmi les produits récemment autorisés en France, vous trouverez des insecticides formulés à base de terre de diatomée (Silicosec) ou de bicarbonate de soude (Procrop). D’ailleurs, ces deux insecticides sont autorisés en agriculture biologique, tout comme certaines poudres à base de zéolithe. Sinon, traitez avec un insecticide homologué, liquide ou en poudre.

Quelles précautions prendre ?

Précaution 1 : Pensez à vous, protégez-vous ! Lorsque que vous traitez équipez-vous d’un masque, de gants, de lunettes de protection, de bottes et de vêtements imperméables afin d’éviter tout contact avec votre peau et vos yeux.

Précaution 2 : Avant de traiter vos locaux, veillez à ce que cela soit autorisé par votre contrat si vous en avez un.

Précaution 3 : Si vous avez prévu de stocker des oléagineux lors de la prochaine campagne, ne traitez pas vos locaux avec des insecticides de contact.  En effet, pour les graines oléagineuses les LMR sont basses (voir tableau ci-dessus). Dans ce cas, utilisez les traitements cités précédemment à base de terre de diatomées, de bicarbonate de soude ou de zéolithes.

Précaution 4 : Notez la forme de l’insecticide appliqué et la dose afin de garantir une traçabilité et éviter les applications successives avec les mêmes molécules actives pouvant entraîner des résistances aux insecticides et le dépassement des LMR.

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Crédits photo : Anagoria / CC BY (https://creativecommons.org/licenses/by/3.0). L’image n’a pas été modifiée.

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